Nous passons en revue les progrès remarquables réalisés récemment concernant les mécanismes d’action moléculaires des androgènes surrénaliens, la déhydroépiandrostérone (DHEA) et le sulfate de déhydroépiandrostérone (DHEAS) en ce qui concerne leurs effets bénéfiques chez les personnes âgées et la thérapie régénérative surrénale, en revenant sur nos travaux de recherche menés depuis 1971, soit plus de 50 ans. Le DHEAS est l’hormone stéroïde circulante la plus abondante chez l’homme et les grands singes. Le DHEAS est essentiel au développement cérébral lors de l’adrénarche et à la lutte contre le vieillissement lors de l’adrénopause, comme le montre le processus évolutif chez les primates. Les mécanismes d’action moléculaires de la DHEA et du DHEAS ont été élucidés grâce à la découverte de nombreux récepteurs membranaires et au concept d’action intracrinologique, particulièrement important chez les femmes ménopausées. Les gènes associés aux concentrations sériques de DHEAS ont été identifiés grâce à une méta-analyse d’études de cohortes dans le cadre d’une étude d’association pangénomique. Les avancées récentes de la recherche sur le vieillissement ont montré que la DHEA et la DHEAS exercent une action anti-vieillissement par le biais d’effets antioxydants, anti-inflammatoires, de protection des télomères, d’inhibition de la p38MAPK, d’effets anti-cortisol et d’induction des protéines chaperonnes. La DHEA a des effets bénéfiques sur la prévention de l’athérosclérose liée au syndrome métabolique induit par l’obésité viscérale chez les personnes d’âge moyen. La DHEA prévient également les infections, la fragilité par le biais d’un métabolisme inversé, la sarcopénie et l’ostéoporose chez les personnes âgées, chez lesquelles on observe une diminution marquée des concentrations sériques de DHEAS. Cette revue aborde la thérapie régénérative surrénalienne utilisant le remplacement des cellules productrices de stéroïdes par surexpression de l’Ad4BP/facteur stéroïdogène 1 dans des cellules souches mésenchymateuses de moelle osseuse de souris ou d’origine humaine. Cette thérapie remplace le traitement au cortisol et à la DHEAS pour la prévention de la mort subite due à une crise surrénalienne et d’infections graves dans le cadre d’une insuffisance surrénalienne primaire (maladie d’Addison).