Contexte : La DHEA est une hormone stéroïde produite par les gonades, le cortex surrénal, le cerveau et le tractus gastro-intestinal. Bien que les effets anti-obésité, anti-athérosclérose, anticancéreux et améliorant la mémoire de la DHEA aient été confirmés par des expériences cellulaires, des études animales et des essais cliniques chez l’homme, les mécanismes précis sous-jacents à ces effets restent mal connus. Une altération de la dynamique mitochondriale peut entraîner un dysfonctionnement mitochondrial, étroitement lié à de nombreuses maladies humaines, notamment le cancer et le vieillissement. Cette étude visait à déterminer si la DHEA inhibe l’adénocarcinome pulmonaire par la voie mitochondriale et à en élucider le mécanisme moléculaire.
Méthodes :L’effet de la DHEA sur l’inhibition tumorale a été évalué à l’aide d’expériences sur des animaux et d’études cellulaires. La corrélation entre l’expressiondu gène FASTKD2et la DHEA a été analysée par Western blot, PCR quantitative après transcription inverse, immunohistochimie et à l’aide de la base de données TCGA.
Résultats : Dans cette étude, la supplémentation en DHEA dans l’alimentation permet de freiner la croissance tumorale chez la souris, et c’est l’ajout de DHEA une semaine avant le début de l’expérience qui donne les meilleurs résultats. La DHEA limite le processus de glycolyse en inhibant l’activité de la G6PDH, augmente l’accumulation d’espèces réactives de l’oxygène et déclenche l’apoptose par la voie mitochondriale des cellules cancéreuses.
Conclusion : La DHEA inhibe la fission mitochondriale et favorise la fusion mitochondriale en réduisant l’expression du gène FASTKD2, ce qui permet d’inhiber la croissance tumorale et de prolonger la survie globale des patients atteints d’adénocarcinome pulmonaire ; elle constitue ainsi une nouvelle cible pour la prévention et le traitement de cette maladie.