Contexte et objectif : Les effets d’une supplémentation en déhydroépiandrostérone (DHEA) sur les concentrations de testostérone et d’estradiol chez les femmes ménopausées ont donné lieu à des résultats contradictoires. Cette méta-analyse d’essais contrôlés randomisés visait à évaluer l’impact d’une supplémentation en DHEA sur les taux sériques de testostérone et d’estradiol, ainsi qu’à fournir des données concernant la posologie et la durée optimales de la supplémentation.
Méthodes : Une recherche bibliographique exhaustive a été menée dans les bases de données PubMed/Medline, Embase, Web of Science et Scopus afin d’identifier les études pertinentes publiées avant le 11 juin 2024. Les données ont été analysées à l’aide d’un modèle à effets aléatoires et présentées sous forme de différences moyennes pondérées (DMP) avec des intervalles de confiance (IC) à 95 %.
Résultats : L’analyse a porté sur 21 études, comprenant 17 groupes d’essais évaluant l’estradiol et 20 évaluant la testostérone. La supplémentation en DHEA a entraîné une augmentation significative de l’estradiol (DMP : 7,86 pg/mL ; IC à 95 % : 6,33-9,40 ; P ≤ 0,001) et les taux de testostérone (DM : 24,31 ng/dL ; IC à 95 % : 15,22-33,40 ; P ≤ 0,001). Les analyses de sous-groupes ont montré des augmentations plus importantes des taux d’estradiol dans les études utilisant des doses de DHEA ≥ 50 mg/jour (DM : 8,65 pg/mL) et celles dont les participants étaient âgés de ≥ 60 ans (DM : 8,92 pg/mL), bien que les différences aient été modestes et que les IC à 95 % se chevauchent. Pour la testostérone, des taux plus élevés ont été observés avec des doses de DHEA ≥ 50 mg/jour (DM : 29,65 ng/dL).
Conclusion : La supplémentation en DHEA à des doses ≥ 50 mg/jour augmente de manière significative les taux de testostérone chez les femmes ménopausées. De plus, chez les femmes âgées de ≥ 60 ans, une supplémentation à la même posologie entraîne une augmentation significative des taux d’estradiol.